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Passeur de mémoire, Fragment d'histoire

Passeur de mémoire, Fragment d'histoire

Sauvegarde et transmission du patrimoine : Nos domaines d’activité sont extrêmement variés : muséographie, scénographie, communication et marketing culturel, web-design, recherches documentaires et archivistiques, rédaction de contenus…

Société d'élevage de la Mure, Corps et Valbonnais

Dans une assemblée tenue à la Mure, en mai 1883, les principaux propriétaires et éleveurs des trois cantons de la Mure, Corps et Valbonnais, justement préoccupés de l'état de souffrance dans lequel se trouve l'élevage dans cette région, jetèrent les bases d'une association ayant pour titre : Société d'élevage de la Mure, pour favoriser le développement des espèces bovine et chevaline des cantons de la Mure, Corps, Valbonnais, etc.

Il ressort de ces statuts que la Société a pour but la perfectionnement des espèces bovine et chevaline par tous les moyens pratiques, notamment l'institution de concours, l'achat de reproducteurs types, l'allocation de subventions aux possesseurs d'animaux susceptibles d'améliorer les races, la vulgarisation des meilleures méthodes d'élevage et de tous les procédés capables d'accroître la fortune publique à l'aide de la production du bétail et la bonne administration de ses produits. Elle aura également pour objet la distribution de secours aux

propriétaires atteints par des pertes de bestiaux ou des accidents.

Cette association paraît répondre à un besoin sérieux dans les cantons qui la composent, où la culture des céréales l'emporte sur celle des fourrages. L'élevage y est sans direction
entendue, sans encouragement et complètement abandonné à la routine; aussi ne rend-il pas tous les services que pourraient en attendre l'agriculture et l'alimentation publique. La société
de la Mure viendra donc combler une véritable lacune parmi les associations agricoles dont le département de l'Isère est doté.

Mais, pour remplir son programme, les ressources lui feront défaut. Il ressort en effet de son projet de budget pour l'exercice courant, que ses dépenses atteindront la somme de 4 150 frs,
tandis que les recettes ne dépasseront pas 1,250 d'où un déficit de 2,900 frs qui ne pourra être comblé que par des subventions sur les fonds de l'État et du département, ainsi que le demande M. le président, par sa lettre que je joins au dossier.

J'ai transmis cette demande à M. le Ministre de l'Agriculture ; mais je n'ai encore obtenu aucune décision. En ce qui concerne la subvention départementale, je vous propose de la fixer à la somme de 2,260 frs égale à celle que vous accordez chaque année à la station du Villard-de-Lans, sous la condition qu'elle sera intégralement employée en primes. Vous voudrez bien
émettre le vœu que cette association reçoive également sur les fonds de l'État une subvention de 1,000 frs.

 


 

 

 

Au nom de la commission des objets divers, M. Dufour lit le rapport suivant lors de la séance du Conseil général en date du 21 aout 1883 :

Cette Société, créée à la Mure dans le courant de mai dernier, en vue de favoriser l'élevage des espèces bovine et chevaline, sollicite le bienveillant concours du département. L'utilité de l'œuvre qu'elle entreprend n'est plus à démontrer pour vous, alors surtout qu'un pareil essai a si bien réussi au Villard-de-Lans, et que la .concurrence étrangère met nos agriculteurs de la montagne dans la nécessité de modifier leurs moyens d'action s'ils veulent soutenir la lutte avec avantage.


La Société d'élevage sera pour eux un guide intelligent et dévoué dans cette entreprise ; elle rayonnera sur trois cantons, où elle est assurée de réussir et de faire du bien si les pouvoirs publics veulent bien l'encourager et l'aider.

M. le Préfet vous propose de lui accorder, pour l'exercice 1884, une allocation de 2,260 fr, qu'il a inscrite au budget de l'année prochaine.

Votre commission vous demande d'approuver cette proposition, avec la réserve que cette somme sera exclusivement employée en primes ou en achat d'animaux mâles destinés à améliorer les espèces existantes qui laissent à désirer.

Elle vous propose également, vu l'étendue du territoire desservi par la Société et la somme des besoins à satisfaire, d'émettre le vœu que l'État lui accorde dès cette année et à, l'avenir une subvention égale à celle du département.

Le Conseil adopte ces conclusions.

 

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