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Passeur de mémoire, Fragment d'histoire

Passeur de mémoire, Fragment d'histoire

Sauvegarde et transmission du patrimoine : Nos domaines d’activité sont extrêmement variés : muséographie, scénographie, communication et marketing culturel, web-design, recherches documentaires et archivistiques, rédaction de contenus…

Le 2ème régiment d'infanterie en 1916

 

 

1916

Octobre 1915 à juin 1916- L’ARGONNE

 

D’octobre 1915 à juin 1916, le 2e Régiment reste dans le secteur d’Argonne.

Bien qu’aucun combat n’ait été livré avant mai 1916, c’est une période de fatigue et de sacrifices.

Le secteur est organisé, les tranchées, approfondies, les boyaux creusés, les abris aménagés et multipliés.

Pourtant, des concentrations de feux presque quotidiennes et des bombardements fréquents bouleversent constamment le terrain.

Le 5 mai 1916, des groupes de volontaires, sous le commandement de trois officiers, sont chargés de prendre un des saillants de la ligne ennemie. L’opération réussit d’abord, et la tranchée conquise est organisée pendant la nuit; mais, le 6, au matin, une forte contre-attaque en chasse les défenseurs.

Le 8 mai, le colonel SIMON, commandant la 40e brigade, rend hommage au courage de tous ceux qui avaient pris part à l’action en ces termes :

« Le colonel commandant la 40e brigade adresse aux troupes du 2e régiment d’infanterie qui ont combattu les journées des 5 et 6 mai dans le quartier Madeleine, ses plus chaudes félicitations autant pour l’entrain et la bravoure dont elles ont fait preuve en enlevant brillamment les tranchées allemandes, que pour l’endurance et la ténacité qu’elles ont montrées dans la lutte engagée pour s’y maintenir.

Si elles ont subi des pertes celles de l’ennemi ont été encore plus sérieuses, ainsi que l’attestent les déclarations des prisonniers.

Les officiers et soldats du 2e régiment d’infanterie peuvent être fiers de leur régiment, qui a prouvé pendant ce combat qu’on peut compter sur lui dans les circonstances les plus difficiles »

Signé : SIMON

 

Du 26 juin au 9 septembre- La Somme- Bois Browning-Bois Frédéric

 

Un mois après, le 26 juin 1916, le régiment s’embarque à Sainte-Menehould, pour la SOMME.

Le 26 juillet, il prend le secteur de Meharicourt et doit l’organiser en vue d’une attaque prochaine. Boyaux d’évacuation, abris, tout est créé et prêt pour la date fixée.

Le 4 septembre 1916, le 2e Régiment, dans un élan superbe, drapeau déployé, enlève les Bois Browning Et Frederic, et tout un système de tranchées organisées fortement, faisant de nombreux prisonniers, capturant des mitrailleuses et un nombreux butin.

En dépit des résistances ennemies, en dépit des pertes subies, l’objectif est atteint à 14 h.30, et le drapeau du régiment flotte au vent, planté sur un morceau de terre reconquise, que les contre-attaques ennemies ne doivent pas parvenir à reprendre.

Quelques îlots de résistance qui s’étaient formés après le passage des premières vagues, sont réduits, après une lutte opiniâtre, par le 1er bataillon, qui appuyait l’attaque.

Le 6 septembre, le combat reprend; le soldat PHILBERT, de la 5e compagnie, se signale

particulièrement.

Il va trouver son commandant de compagnie : « Mon lieutenant, lui dit-il, on se bat encore

aujourd’hui; Je voudrais être de la fête », et sans attendre la réponse, il part rejoindre la première vague d’assaut, pénètre avec elle dans la tranchée allemande, ramène deux prisonniers, mais tombe mortellement frappé en regagnant la tranchée de départ.

Au même moment, la 3e compagnie, commandée par le lieutenant TROCHU, est engagée à fond.

Le sous-lieutenant BAUDUFFE vient d’être tué

Le sous-lieutenant BENECH a reçu un éclat de pétard à la cuisse; La blessure est légère, mais gênante.

Ce lieutenant, pansé au poste de secours et porteur d’une fiche d’évacuation, va s’éloigner quand, tout à coup, avec un mouvement de tête, il dit d’une voie calme : « je veux retourner là-bas » ; Je ne veux pas laisser TROCHU seul !»

Le docteur qui l’a soigné essaye vainement de retenir le brave soldat; la haute stature du sous-lieutenant BENECH disparaît déjà au tournant du boyau qui mène aux lignes…

Une heure après, on le ramène au poste de secours les membres broyés, disant, sans une parole de regret : « Je vais mourir »

Il est mort quelques jours après, à l’hôpital d’HARGICOURT.

Il repose au cimetière de cet hôpital, près du Lieutenant TROCHU.

A la date du 5 septembre, le colonel commandant la 40e brigade écrit au colonel commandant le 2eRégiment d’Infanterie la lettre suivante :

« Le général commandant le corps d‘armée me charge d’adresser ses plus chaleureuses

félicitations au colonel, aux officiers, sous-officiers et soldats du 2e régiment pour la crânerie qu’a déployée le régiment dans la journée du 4 septembre.

Le général de division y joint les siennes.

Je vous ai déjà exprimé hier soir la fierté que j’éprouvais à commander un régiment capable d’une semblable énergie »

Signé : DE GALEMBERT

 

Le 7 septembre, le général ANTHOINE, commandant le 10e corps d’armée, transmet ses félicitations et remerciements par l’intermédiaire du général de division, qui ajoute :

« En transmettant aux troupes sous ses ordres, l’ordre du 10e corps d’armée, le général commandant la 20e division tient à leur adresser lui aussi ses remerciements les plus chaleureux et à leur exprimer sa fierté d’être à leur tête.

Grâce à leur entrain, à leur courage, à leur esprit de discipline, à l’union intime entre l’infanterie et l’artillerie, tous se sont comportés comme sur le terrain de manoeuvre.

Dédaigneux de l’ennemi, insouciants de ses projectiles, sûrs de leur valeur personnelle,animés de la volonté de vaincre, officiers, sous-officier, caporaux et soldats ont enlevé de hautes lutte, à la française, gaiement, les positions ennemies fortement organisées, inscrivant une nouvelle page brillante à l’historique de leur régiment.

Au nom de tous, le général commandant la 20e division envoie son salut ému à ceux qui sont tombés au cours de la lutte ; au nom de tous, il leur promet une vengeance éclatante.

Soldats de la 20e division, la Bretagne et la Normandie, escortant notre belle France, vous regardent avec fierté.

Elles comptent sur vous pour réduire à merci l’ennemi héréditaire.

Elles seront heureuses d’applaudir à vos nouveaux succès »

Signé : HENNOCQUE

 

Enfin le 4 novembre 1916, le général MICHELER, commandant la Xe armée, cite le 2e Régiment d’Infanterie à l’ordre de l’armée (ordre n°237) :

« Le 4 septembre 1916, sous l’énergique impulsion de son chef, le lieutenant-colonel PIUAULT DE LA TOUCHE, s’est porté brillamment à l’attaque, drapeau déployé.

En moins d’une demi-heure, a enlevé trois lignes de tranchées et quatre boqueteaux fortement organisés, capturant un important matériel de guerre et plus de 500 prisonniers.

Malgré tous les efforts de l’ennemi et un bombardement intense, a organisé et conservé dans son intégrité le terrain conquis »

Signé : MICHELER

 

Le 21 Novembre, À SAINT-MARTIN-AU-BOIS, près de Saint-Just-en-Chaussée, une prise d’armes à lieu pour la décoration du drapeau du régiment.

Le général ANTHOINE prononce à cette occasion le discours suivant :

Drapeau du 2ème

Vous qui conservez pieusement, dans le mystère sacré de vos plis vénérés le souvenir des vertus, des dévouements et des sacrifices du régiment

Vous en qui survit l’âme de ses héros morts pour inciter les vivants à marcher dans la même gloire au même trépas !

Drapeau de PEREZ, de LE FORESTIER, d’YVONNET, de PREVOT et de temps d’autres qui se sont réunis dans l’auréole du même martyre !

Vous avez été à la peine, soyez à l’honneur !

Au nom du commandant en chef, j’attache à votre cravate la croix de guerre avec palme.

Et ainsi, tant que la France vivra, c’est à dire toujours, vous porterez comme vous portez déjà en lettres d’or les souvenirs de Zurich, de Gènes, de Polotsk, de Solferino, vous porterez un plus fier souvenir du 4 septembre 1916.

Et ainsi, dans le patriotisme constamment accru de sa tradition superbe, le 2e régiment puisera une nouvelle ardeur pour dépasser sans cesse ses propres hauts faits et pour s’imposer dans l’histoire à la mémoire des armées et à la gratitude de la France.

Drapeau du 2e !

Je salut en vous les tombes du passé, à la gloire du présent et les espérances de l’avenir.

Au drapeau !

 

Le 31 décembre 1916, le régiment quitte le bois triangulaire et gagne à pied la région de Crèvecoeur-le-Grand (Oise), où des manoeuvres ont lieu.

 

LIRE LA SUITE :

1914- 1915 - 1917 - 1918 - les hommes du 2ème RI -

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