Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Passeur de mémoire, Fragment d'histoire

Passeur de mémoire, Fragment d'histoire

Sauvegarde et transmission du patrimoine : Nos domaines d’activité sont extrêmement variés : muséographie, scénographie, communication et marketing culturel, web-design, recherches documentaires et archivistiques, rédaction de contenus…

canal d'arrosage de Pellafol

M. RICHARD-BÉRENGER donne ensuite lecture de la note suivante, relative au canal d'arrosage de Pellafol, le 27 octobre 1874

« MESSIEURS,

« Permettez-moi de vous rappeler en quelques mots, la nature de cette affaire, ainsi que la marche qu'elle a suivie jusqu'à ce jour, et de vous demander de nouveau votre bienveillant concours, pour obtenir de l'Etat la solution favorable qui est réclamée depuis si longtemps.

« La surface totale qui peut être arrosée est de huit cents hectares; mais actuellement il n'y en a qu'une partie qui est susceptible de l'être. Le reste a besoin de travaux qui ne pourront s'effectuer que lorsque la première portion aura reçu les bienfaits de l'irrigation.

« La surface aujourd'hui engagée dans l'entreprise est de deux cent quatre-vingt-un hectares cinquante-trois centiares.
« La dépense totale pour l'établissement du canal, évaluée d'abord à 220,000 fr., a été fixée ensuite à 250,000 fr.

« La longueur du canal principal serait de douze kilomètres deux cents mètres, et l'ensemble des rigoles de distribution aurait quinze mille mètres.

« Les premières études de ce projet remontent à 1867.

« Le 30 septembre 1868, un arrêté préfectoral sanctionna l'organisation définitive du syndicat. Le 30 avril 1869, décision ministérielle approuvant les projets de MM. les Ingénieurs et accordant aux intéressés une subvention de l'État fixée d'abord au tiers de la dépense.

i Le 22 septembre 1871, nouvelle décision ministérielle modifiant la précédente, et élevant la subvention du tiers à la moitié de la dépense, sans toutefois qu'elle pût dépasser la somme de
125,000 fr.

« Il ne restait plus qu'à obtenir du conseil d'État le décret d'utilité publique, pour pouvoir commencer immédiatement les travaux. Le syndicat était en mesure de contracter l'emprunt nécessaire pour faire face à la portion de la dépense laissée à sa charge.

« Le 29 décembre 1871, une commission provisoire, qui remplaçait alors le conseil d'État non encore réorganisé, fut saisie de la question. Cette commission, au lieu de statuer simplement sur la déclaration d'utilité publique, discuta les charges et les avantages de l'entreprise. Elle trouva l'opération lucrative, et finit par émettre l'avis que l'État pouvait se dispenser d'accorder une subvention et qu'il pouvait se borner simplement à prendre à sa charge une petite partie des annuités que le syndicat aurait à payer en contractant un emprunt à long terme ; elle engagea
en conséquence le Ministre des travaux publics à voir si le Crédit foncier ou la caisse d'amortissement prêterait dans ces conditions au syndicat de Pellafol.

« Quoique cette combinaison fût inacceptable pour les intéressés, à cause de la profonde différence qui existe entre une subvention pure et simple de l'Étal et la modeste part qu'on lui proposait de prendre dans nn paiement d'annuités, cependant M. le Ministre des travaux publics s'adressa à ces établissements financiers.

« Ils répondirent qu'ils ne faisaient plus de prêts aux syndicats de ce genre, sans avoir la garantie des départements.

« Comme vous le voyez, la combinaison proposée par la commission provisoire remplaçant le conseil d'État, si lourde qu'elle pût être pour les intéressés, qui n'auraient certainement pu en user , n'a pas même pu aboutir auprès des prêteurs auxquels le Ministre s'était adressé.

« La question reste donc entière et il y a urgence à prier M. le Ministre de soumettre de nouveau cette affaire au conseil d'État qui est maintenant réorganisé, pour obtenir enfin ce décret
d'utilité publique réservé jusqu'à ce jour et si vivement désiré.

« Depuis longtemps ces populations attendent avec la plus vive impatience les bienfaits de ce canal. Elles sont prêtes à faire tous les sacrifices que leur modeste position peut supporter.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article